La Qualité de Vie au Travail dans la fonction publique

devanture d'une mairie
12 novembre 2021
Services publics

Depuis quelques années, le service public connait de grands bouleversements tant au niveau organisationnel, culturel, institutionnel, et surtout numérique, demandant ainsi à ses agents d’être de plus en plus flexibles et adaptables. 

Ces transformations ne se font pas sans impacts. Aussi, fin 2013, les partenaires sociaux de la Fonction publique signent un accord-cadre imposant à chaque employeur public d’élaborer un plan d’évaluation et de prévention des risques psycho-sociaux (RPS) d’ici à 2015. Des bilans quantitatifs réguliers ont ainsi été mis en place et une étude plus globale a été menée à travers des questionnaires qualitatifs diffusés dans tous les Ministères et services publics. La pluralité des sources a alors permis de confronter différents points de vue et d’identifier clairement les forces et faiblesses des actions d’ores et déjà engagées. Cette étude a également permis une réelle prise de conscience des enjeux de santé mentale des agents.

C’est donc logiquement que la Direction Générale de l'Administration et de la Fonction publique (DGAFP) s’est tournée vers l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (Anact) et qu’une convention de partenariat a été signée le 6 Juillet 2016 pour « l’amélioration des conditions de travail et la promotion de la qualité de vie au travail dans le secteur public ». Cette convention de partenariat concerne les trois versants de la fonction publique et a pour objectif de mettre à disposition des agents tous les outils, conseils et démarches nécessaires pour appréhender les RPS, poursuivre l’amélioration de la qualité de vie au travail ou encore innover dans l’organisation de son travail.

Qu’entend-on précisément par la Qualité de Vie au Travail (QVT) ? 

En juin 2013, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail a contribué à définir la QVT,  concept faisant l’objet d’une attention particulière ces dernières années en le définissant comme « les actions qui permettent de concilier à la fois l’amélioration des conditions de travail pour les salariés et la performance globale des entreprises ».

En outre, la QVT peut s’apparenter à un sentiment de bien-être au travail ressenti de manière aussi bien individuelle que collective à travers « l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué ».

Les institutions publiques centrales agissant en faveur de la QVT 

La DGAFP est la direction ministérielle qui œuvre à la création et la mise en place de politique d’ensemble, lié particulièrement au domaine des ressources humaines, au sein de la fonction publique. Elle travaille activement au côté de l’Anact qui est un établissement public ayant pour mission l’amélioration des conditions de travail.  Cette dernière, présente aux côtés des entreprises mais aussi des salariés, vise un parfait équilibre des conditions de travail et de la performance économique. 

Ces deux institutions agissent notamment sur l’organisation du travail ainsi que sur les relations professionnelles à travers la diffusion de méthodes et outils éprouvés sur le terrain et mis à jour continuellement. 

Après un premier constat positif concernant l’ensemble des démarches liées à la prévention des RPS dans la fonction publique, il ressort néanmoins qu’il ne suffit pas de s’arrêter à de la simple prévention. Il faut aller au-delà tant à un niveau local que national. Pour cela, nos deux acteurs clés décident en 2019, de compiler ces précieuses informations dans un Guide de la qualité de vie au travail. On y retrouve des fiches méthode, outil et exemple, dédiées à la conception et au pilotage d’une démarche QVT. L’ensemble des thèmes abordés dans ce guide permet d’amorcer la démarche de bout en bout : de la conception à son déploiement pérenne.

En parallèle, un fond interministériel est levé par la DGAFP pour l’amélioration des conditions de travail mais aussi afin d’accompagner les transformations et permettre d’assurer à l’ensemble des agents, des conditions de travail saines, en accord avec leur bien-être et en faveur de leur santé.

Quant à l’expérimentation, elle permet de tester sur le terrain les méthodes/ solutions envisagées et de rebondir très rapidement sur chaque dysfonctionnement.

La technologie en faveur de la qualité de vie au travail

L’état ne s’arrête pas là. La situation sanitaire de ces derniers mois a fait émerger de nouvelles idées et pratiques, offrant aux Agents de la fonction publique un environnement de travail plus performant, plus collaboratif et plus flexible grâce à la technologie. 

C’est le cas notamment avec le chantier du « Sac à dos numérique » apparu en 2021. Ce plan permet de développer le télétravail au sein des services publics à travers la mise à disposition des Agents, d’une suite numérique « maison » (propres solutions de l’état pour se détacher d’Office 365 notamment), permettant le travail sur site autant que le télétravail mais aussi de miser sur un décloisonnement des administrations. Cela est alors rendu possible entre autres grâce à une messagerie instantanée, des suites collaboratives ou bien encore des services de visio et audioconférence. 

Enfin, pour viser une parfaite autonomie et augmenter la qualité de vie au travail, l’Etat décide, en s’associant avec d’autres partenaires, de mesurer les compétences numériques des agents à travers la plateforme Pix. Alliant à la fois manipulations et questions, ce test a permis de déceler que plus de 60% des Agents territoriaux ont besoin d’être formé. L’objectif étant in fine, de doter chacun d’une culture numérique transverse et large, utile aussi bien dans la vie privée que professionnelle. Une forte demande de monté en compétence sur ce sujet émerge d’ailleurs des agents eux-mêmes, conscient du gain que cette compétence peut leur apporter.

Il s’agit là d’autant de nouvelles pratiques adaptées à l’air du temps, néanmoins ne perdons pas de vue ce qui fonctionne et ce, depuis des décennies. L’outil phare de la démarche QVT reste le dialogue social car il permet à la Direction et aux représentants du personnel, d’agir via des actions de transformation du travail en permettant aux volontaires de s’exprimer et d’agir.

La QVT dans la fonction publique est donc depuis plusieurs années au cœur des discussions et actions de différents établissements par le biais d’accords, de partenariats, de fonds financiers ou bien encore d’actions spécifiques issues du dialogue social. Ces dernières traduisent une volonté forte de solliciter l’engagement des agents eux-mêmes, afin qu’ils soient producteurs de leur bien-être au travail et de faire émerger de manière naturelle l’envie de bien faire leur travail.

Les agents eux-mêmes acteurs de la démarche

La DGAFP à bien compris l’importance d’une approche QVT contextualisée au secteur public. Elle entame donc une dynamique d’adaptation et d’expérimentation. En effet, les différentes parties prenantes se rendent compte que redescendre de l’information, qui plus est sur cette thématique, ne suffit plus. Il faut que les agents soient acteurs de leur qualité de vie au travail à travers leur expression et leur participation. Pour cela il convient de miser sur le volontariat ainsi que sur des outils participatifs, voire même ludo-pédagogiques tant à destination des agents, des représentants du personnel que de la Direction des ressources humaines. L’Anact créer alors une gamme de jeu « Travail & Réalités ». Il s’agit de serious games, jeux à dimension immersive, où les acteurs de l’entreprise peuvent initier les prémisses d’un plan d’action sur les conditions de travail à travers échanges et débats. Un concept nouveau mais non moins intéressant permettant d’embarquer les agents eux-mêmes dans cette démarche. 

Le sujet vous intéresse ? Nos experts vous répondent

Isabelle DUBACQ
Isabelle DUBACQ
Directrice d’Unité, Directrice de l'offre Services Publics

L’Etat s’est engagé dans un vaste chantier de modernisation de ses services aux usagers et d'amélioration de la relation citoyen/administration. C’est dans ce cadre que mc2i, fort de ses expériences acquises dans le Digital, a souhaité capitaliser sur ses expériences avec une offre dédiée au Secteur Public.

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Laura DUPLAN
Consultante SIRH confirmée